Dans le domaine de l'enseignement de langues étrangères, l'analyse narrative a été toujours considérée comme un vecteur didactique puissant, mais surtout pour des niveaux moyens et pour des activités comme la traduction ou l'analyse de textes. L'intérêt récent pour l'appliquer dans des étapes initiales répond à des raisons différentes. Aux avantages mentionnés jusqu'à présent, qui ont aussi de l'importance dans le cas de la langue, on peut en ajouter d'autres. L’un d'entre eux est la demande d'activités qui intéressent les élèves dans la classe, ce qui leur permet de s’insérer plus aisément dans la classe. Évidemment, dans les cours de langue étrangère nous constatons la nécessité urgente d'utiliser le langage de manière réaliste, le plus semblable au processus d'acquisition naturelle de la langue, qui, comme nous savons, est le résultat principal de la nécessité de communication. C’est pour cela que les propositions récentes sur les programmes de l’enseignement des langues étrangères et sur la sélection d'activités sont conçues pour profiter de toutes les occasions d’échange réel de communication dans la salle de classe. Également, il existe déjà l'introduction dans ces programmes, de manière primordiale et déjà non complémentaire, de ressources comme des jeux et des narrations, tout cela dirigé, comme nous l’indiquions auparavant, pour éveiller le désir ou l'intérêt pour communiquer de manière significative.
À propos de l’utilisation du conte dans le cours de langue étrangère, Stephen Krashen dit que le type de langage employé dans cette pratique réunit beaucoup de caractéristiques que nous pouvons décrire comme l’entrée compréhensible, c'est-à-dire, des discours simplifiés pour être compris par des personnes non natives, avec des répétitions abondantes, des éclaircissements et un rythme ralenti. Le langage des contes est plein de caractéristiques reconnaissables, expressément importantes et susceptibles d'imitation (rime, onomatopée, rythme, intonation), qui peuvent être utiles pour s’exprimer dans la nouvelle langue. D'autre part, la compréhension de l'histoire peut être facilitée par des moyens visuels, des gestes, des mimiques, ou par la connaissance préalable des histoires. En plus, par sa nature propre, le conte est primordialement une activité d'écoute qui s’installe dans la période de silence qui est recommandée dans les étapes initiales de la langue par de nombreux experts, comme Krashen et Terrell. Par ailleurs, « raconter » des contes peut devenir, si c’est une activité préparée avec soin et effectuée avec conviction, un des acquis qui sera le mieux retenu, avec le bénéfice linguistique conséquent que cela suppose. Par son caractère détendu et amusant, le conte peut constituer une activité plaisante pour tous, ce qui est très important au niveau affectif afin d’obtenir une meilleure disposition des étudiants.
Le travail avec le conte ne doit pas être considéré comme une tâche laborieuse, mais comme une activité ouverte à l'imagination, interactive et comme un jeu constant avec la nouvelle langue. Dans la lecture, l’enseignant peut improviser, mimer ou faire des gestes, modifier des mots ou des épisodes et même adapter le texte, pour qu’il soit rattaché au vécu des élèves. Il pourra aussi recourir à la langue maternelle quand il le jugera nécessaire, spécialement dans les activités préalables à l'histoire. Tout cela en essayant de transmettre l'idée que le moment de « raconter » des contes est un moment de détente, amusant et informel. Le professeur veillera à ce que les élèves s’impliquent dans l’histoire racontée. Pour cela, une disposition en cercle du mobilier et de la classe pourra y contribuer.
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